Mercredi 28 février 2007

Des vieux pneus réchappés de la destruction

3 900 tonnes de pneus usagés à l'abandon dans le Calvados, 1 500 tonnes à Saint-Martin-d'Écublei (Orne). Qui paiera pour leur destruction ?

De toute taille, de toute marque, de tout âge, des pneus s'entassent par milliers et même dizaine de milliers, sur un terrain à Feuguerolles-sur-Seulles, petite commune du Calvados au bord de l'A84 Caen-Rennes. Ajoncs et arbustes poussent au milieu des tas de pneus, dont certains sont recouverts par les ronces. Le stock est estimé à 2 000 tonnes (10 000 m3). Personne ne sait quoi en faire...

Selon les règles des installations classées, « les normes de stockage ne sont pas respectées en ce qui concerne la hauteur des piles et l'éloignement des limites de propriété ». Les clôtures n'ont de clôture que le nom, les stocks de sable, qui avaient été constitués en cas d'incendie, ont disparu au fil des averses.

Danger d'incendie

Un inspecteur des installations classées a rendu un rapport cinglant : « L'énorme stock laissé dans un abandon total génère un réel danger d'incendie. Il n'existe aucun moyen de défense sur place. Une intervention des sapeurs-pompiers serait rendue difficile par les conditions d'accès au site. » L'incendie n'est pas qu'une hypothèse : les pompiers sont intervenus à trois reprises en six mois pour des feux de broussailles. « La propagation des flammes aux pneus entraînerait un incendie d'une grande puissance calorifique », avec des risques de pollution pour l'eau.

Seule solution pour la remise en état : la destruction des pneus usagés. La facture semble proportionnelle à la hauteur des piles : 316 000 €. Reste à trouver qui paiera pour ce site « orphelin ». Société exploitante, la Sonorrec a été dissoute en novembre 2000 et liquidée en février 2002 avec la vente des terrains. S'ensuit une quête quasi désespérée pour trouver à qui adresser la facture : l'ancien exploitant, le vendeur des terrains, l'acquéreur.

Vieux pneus, voeux pieux 

La préfecture du Calvados a tenté une offensive en direction du patron de l'ex société Sonorrec pour lui réclamer les 316 000 €. Ce dernier a contesté cette mesure devant le tribunal administratif qui lui a donné gain de cause début février : « Quand bien même, il a exercé les fonctions de PDG de la Sonorrec, ce dernier ne saurait être considéré comme l'exploitant du site, exploité par la seule société Sonorrec. »

En Basse-Normandie, le site orphelin de Feuguerolles-sur-Seulles n'est pas « orphelin » : il a des « frères » à Saint-Martin-d'Écublei (Orne) avec 1 500 tonnes de pneus et Bourguébus (Calvados), où stagnent 1 900 tonnes.

La solution passera t-elle par Aliapur, société créée par les fabricants de pneus (Kléber, Michelin, Pirelli) en 2002 et qui auprès de 80 000 vendeurs prend en charge collecte et transformation des pneus usagés depuis début 2003. Disposant de fonds importants, Aliapur pourrait, selon la Direction régionale de l'industrie, en consacrer une partie à la remise en état des sites orphelins. Sinon, on en restera aux voeux pieux pour ces vieux pneus.

Jean-Pierre BEUVE.

Feuguerolles-sur-Seulles, commune du Calvados, sera t-il un jour débarrassé de son stock de pneus usagés.

Ouest-France
par Frédéric Masse publié dans : fredmasse
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Jeudi 22 février 2007

Faire découvrir le chèque transport, offrir des essais gratuits pour se passer de la voiture... C'est ce que propose le syndicat à ses salariés pour les inciter à penser « transport public ».

« Le transport en commun a longtemps été le déplacement du pauvre ou de l'étudiant. Nous devons aller à la conquête des salariés et au-devant de leurs employeurs. »

Sylvie Morin-Mouchenotte, la présidente du syndicat mixte des transports en commun de l'agglomération caennaise, n'y va pas par quatre chemins. « Viacités, autorité organisatrice des transports en commun de Caen-la-Mer, se veut force de proposition et d'accompagnement. Nous voulons faciliter les déplacements des employés pour leur trajet domicile-travail et proposer une alternative à la voiture. »

Et il y a de quoi faire : le ministère de l'Écologie chiffre, pour 2006, les déplacements de voiture à Caen-la-Mer à 700 000 par jour, 61 % de ces trajets s'effectuent en voiture et 25 % de ces parcours sont inférieurs à 1 km. « Et on ne pense pas au budget d'un véhicule estimé à 260 € par mois, insiste Sylvie Morin-Mouchenotte. Il n'y a aucune contradiction entre économie et écologie. »

Viacités, le Syndicat mixte des transports en commun de l'agglomération caennaise, Keolis Calvados et Keolis Caen ont donc décidé d'informer le public et notamment les salariés et les entreprises sur les façons de moins utiliser la voiture.

Essais gratuits jusqu'à fin mars

En plus d'encourager le covoiturage, Viacités met en avant deux autres propositions. Le chèque transport et la mise en place d'une ligne spéciale pour des essais gratuits sur le thème « aller au travail autrement ».

Le chèque transport. Mis en oeuvre depuis le 1er janvier, le chèque transport, « dont le décret est paru le 9 février dernier, est inspiré du chèque déjeuner qui marche très bien », note Sylvie Morin-Mouchenotte. Lorsque l'employé se situe dans un périmètre de transport urbain, l'entreprise peut offrir à ses salariés un chèque, s'acquittant ainsi d'une partie de leur abonnement à un transport collectif. Le montant de la prise en charge peut attendre 50 % du tarif. Hors périmètre et lorsque les salariés ne trouvent pas de service de transport adéquat, l'entreprise peut offrir un chèque limité à 100 € par an afin d'alléger le poids des dépenses liées au carburant.

Les essais gratuits. Concrètement, « les salariés qui appellent notre numéro se voient proposer un conseil en itinéraire personnalisé et un essai gratuit pour rejoindre leur lieu de travail, expliquent Xavier Lemarié et Christian Bouyer, respectivement directeur de Keolis Caen et de Keolis Calvados. Nous les rappellerons ensuite pour savoir comment cet essai a été perçu. S'il n'y a pas de solutions, cela nous donnera des pistes de travail. C'est intéressant de s'intéresser à des non-clients. »

Un dépliant va être ainsi remis aux 6 000 salariés du centre-ville mais l'essai sera possible pour tout le département mêlant l'offre Twisto à celle des Bus verts. Un plan qui satisfait Paolo Salvatori, président des Vitrines de Caen, qui distribueront aussi les « flyers » à leurs clients. « Je crois beaucoup à la remontée des infos. Le Syndicat mixte est là pour être un peu punchy et vaincre les résistances, s'enthousiasme la présidente de Viacités. Ceci donne une autre approche des transports même si ce ne sera pas une révolution ! »

Virginie PACAUD.

Pratique. Infoligne au 0810 214 214 (prix d'un appel local à partir d'un poste fixe) pour recevoir une offre d'essai gratuite. Ligne ouverte du lundi au samedi, de 7 h à 20 h, jusqu'au 31 mars.

Ouest-France
par Frédéric Masse publié dans : fredmasse
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Vendredi 16 février 2007

Reuters - 16.02.07 - Les Français sont en grande majorité favorables au développement des énergies renouvelables pour remplacer le nucléaire comme la première source d'énergie en France, selon un sondage LH2 pour RMC et 20 minutes à paraître vendredi.
Quelque 78% des Français estiment qu'il "faut en priorité développer les énergies renouvelables en France pour qu'elles deviennent la source principale d'énergie", tandis que 19% estiment qu'"il faut maintenir le nucléaire comme source principale d'énergie" et que 3% ne se prononcent pas.
Les Français estiment en outre à une large majorité que l'énergie doit être gérée par le secteur public : 69% pour l'électricité, 67% pour l'eau et le gaz et 71% pour le nucléaire. LH2, qui interroge les Français sur un thème de la présidentielle chaque semaine depuis le 4 septembre, a questionné par téléphone 1.007 personnes âgées de 18 ans au moins sur la question de l'énergie les 9 et 10 février.
par Frédéric Masse publié dans : fredmasse
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Vendredi 16 février 2007

Où vont les boues d'épuration de Caen-la-Mer ?

La station qui épure nos eaux usées produit au final des boues séchées en granulés. Plutôt que les brûler ou les enfouir, l'agglo veut privilégier l'épandage agricole.

La grande et récente station d'épuration des eaux usées de la communauté d'agglo Caen-la-Mer, sur le site du Nouveau monde à Mondeville, traite les eaux sales que nous lui envoyons, particuliers (70 %) ou entreprises (30 %), de la trentaine de communes qui lui sont rattachées. Au bout du processus (« boues activées en aération prolongée »), elle rejette, dans l'Orne, des eaux « propres » et produit des boues. Epaissies, déshydratées, chauffées sur place, elles deviennent des granulés de type « bouchons », secs à 80-90 %. Des millions de bouchons ! 4 300 tonnes par an.

Co-compostage avec déchets verts

La question, posée pour tout résidu ultime, est : qu'en faire ? Les brûler ? C'est une valorisation en calories mais il faut trouver des fours - de cimenteries, d'usine incinérant les ordures de chaudières -, les acceptant. Les enfouir ? Il faut trouver des sites, c'est onéreux et le déchet n'est pas valorisé. Les épandre comme engrais agricoles ? « C'est le meilleur choix, celui qu'on fait prioritairement à Caen-la-Mer, les deux premières solutions n'étant conçues que comme un secours en cas de problème sur l'épandage », indique le président de l'agglo, Luc Duncombe (1).

En fait, à l'origine, les arrêtés préfectoraux prévoyaient l'incinération des boues du Nouveau monde, comme pour la vieille station préexistante. Mais depuis l'ouverture de la nouvelle station, en 2003, les granulés, bien plus propres, font l'objet d'essais des diverses filières. Si la majorité sont enfouis, une partie est déjà épandue dans des champs et une plus petite (1 000 tonnes l'an dernier) utilisée en co-compostage avec les déchets verts que collecte Caen-la-Mer.

En novembre dernier, l'agglo a demandé l'autorisation à la préfecture d'épandre ses 4 300 tonnes annuelles sur 4 142 ha de parcelles agricoles jugées « aptes » à recevoir ces boues. Des champs situés sur 112 des 705 communes du Calvados, à 40 km maximum de la station. « Une demande théorique », explique un ingénieur de Caen-la-Mer : pas évident que le préfet autorises ces 100 % ; pas sûr non plus que l'agglo en ait besoin : « En fait, on aura suffisamment d'agriculteurs candidats à l'épandage sur notre territoire pour ne pas aller au-delà. Et la forme granulés nous permettra d'opter pour d'autres procédés de valorisation s'ils se révèlent intéressants ».

Des agriculteurs intéressés

La grosse demande, théorique donc, est actuellement en fin d'enquête publique (elle s'achève ce vendredi, lire en pages départementales) pour que chacun en prenne connaissance et fasse ses observations. Par ailleurs « les communes seront concertées ; pour avis » car les contrats avec les agriculteurs sont privés. Au final le préfet tranchera. Le dossier d'enquête note que « les agriculteurs sont très intéressés » par cet amendement (apportant notamment de l'azote) qui « limite les apports en engrais minéraux et contribue activement au maintien de la fertilité et de l'activité biologique des sols » : il en répertorie 30 qui sont partants, assez pour absorber toutes les « boues caennaises ».

Le dossier détaille les procédures d'avis et de contrôles pour cet épandage. Il assure qu'il sera fait « dans le respect des pratiques culturales » et « n'affecte pas le sous-sol », que « les parcelles retenues sont éloignées des captages, plans et cours d'eau » et qu'il n'y aura « pas de nuisances olfactives », que les boues sont très peu polluées (en métaux lourds notamment), que l'épandage sera bien suivi pour être fait dans les règles et sans excès... Assurances à 100 % ou pilule un peu dorée pour faire aboutir la demande ?

Didier MARIE.

Mise en service début 2003, la nouvelle station d'épuration du Nouveau Monde traite quelque 40 000 m3 d'eaux usées par jour. Soit un équivalent de 245 000 habitants. Elle pourrait en recevoir jusqu'à 330 000.

par Frédéric Masse publié dans : fredmasse
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Jeudi 15 février 2007

14.02.2007

Transposition de la directive OGM par voie de décret : un viol démocratique

Dans un communiqué publié le 21 septembre dernier, CAP 21, parti écologiste présidé par Corinne Lepage révélait que le gouvernement s’apprêtait à prendre un décret pour transcrire la directive européenne sur les OGM en substitution du projet de loi actuellement soumis à l’examen des parlementaires.

Ce projet, voté en première lecture faisait l’objet d’un âpre débat puisqu’il refusait en l’état les études sur la santé, la publicité des lieux de cultures et la consultation du public, méconnaissant la directive européenne et la jurisprudence récente du Conseil d’Etat.

Après de multiples tergiversations sur l’importance des dispositions prises par décret, les déclarations de François Goulard à l’Assemblée Nationale selon lesquelles la directive serait transposée entièrement par voie de décret est purement scandaleuse.

Pour Eric Delhaye, porte-parole de CAP 21, les parlementaires se retrouvent ainsi privés d’un débat qui relève de leur compétence et de leur responsabilité au regard des enjeux que posent à la société française l’expérimentation, la commercialisation et la dissémination des OGM.

La menace de pénalités de la Cour Européenne de Justice pour non transposition du droit communautaire dans les délais conduit ainsi l’Etat à museler l’expression démocratique sur un dossier sensible et à passer en force.

Dans quelle démocratie vivons-nous pour priver les citoyens et les parlementaires d’un débat sur une telle question ?

Par Eric Delhaye
Porte-parole de CAP 21
Directeur Adjoint de la campagne présidentielle de Corinne Lepage

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